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Baisse aléatoire du prix du poulet de chair sur les marchés d’Oran

ORAN – La baisse du prix du poulet de chair, constaté ces derniers jours sur les marchés d’Oran, reste aléatoire, estiment des spécialistes. Le kilo de poulet, proposé actuellement à 290 DA contre 450 DA, il y a quelques semaines, est appelé à faire un « bond sensible », notamment à l’approche de la célébration de Yennayer, fête traditionnelle marquée par une forte consommation du « couscous maison », accompagné de viande de poulet.

« Cette situation de baisse des prix, due à une offre importante sur le marché de la volaille, reste toutefois aléatoire, compte tenu des fluctuations saisonnières du marché local », soutient le chef de service des observations des marchés de la direction du commerce d’Oran, Houari Bendjelloul, qui estime que cette évolution en dents de scie a toujours caractérisé  le secteur avicole.

Cette situation est liée à d’autres facteurs qui se situent à plusieurs niveaux, en dépit des capacités théoriques existantes  au niveau de la wilaya d’Oran pour atténuer ce déséquilibre saisonnier de cette filière. Celle-ci souffre d’une désorganisation du circuit de commercialisation du produit, de l’insuffisance de structures de stockage et d’une chaine de distribution du produit ainsi que des fluctuations du prix de l’aliment de volaille.

Pour les spécialistes du secteur, l’aliment concentré à base de maïs et de soja représente jusqu’à 70 % des coûts de la ration du poussin dont les besoins en nutrition sont complétés par d’autres vitamines.

Un marché informel, pesant et non contrôlé

Le président de la Chambre de l’agriculture de la wilaya d’Oran, El Hadj Meftah Brachemi, soutient que cette situation de désorganisation est accentuée par l’existence d’un marché informel « pesant, non contrôlé, ni par les structures de commerce ni par l’inspection vétérinaire, et qui mérite d’être intégré pour une meilleure organisation du secteur avicole ».

Cet état de fait est confirmé par les services de la Direction du commerce, qui disent assister « désarmés » face au phénomène de l’élevage clandestin, comme le reconnait le chef de service des observations du marché de la Direction du commerce d’Oran. « A l’exception des enquêtes ciblées qui se font de manière épisodique, avec le concours de la force publique, nous assurons uniquement le contrôle des éleveurs patentés », a-t-il expliqué, en citant la prolifération de l’élevage informel sur les hauteurs de Mers El Kébir où il est difficile de recenser le nombre des éleveurs, de contrôler leurs activités encore moins à les intégrer dans le circuit formel.

« Cette opération d’intégration nécessite du temps et une meilleure organisation du secteur avicole », a-t-il concédé.

De son côté, Hadj Meftah Brachemi est catégorique. « Le système de distribution est loin d’être organisé. Durant les années 80 du siècle dernier, il existait des coopératives spécialisées qui assuraient un certain nombre de services aux éleveurs notamment en matière de distribution », a-t-il fait remarquer, ajoutant qu’aujourd’hui, « seules deux coopératives avicoles, domiciliées à Boutlélis, continuent d’offrir, bon an mal an, ce genre de prestations ».

« C’est un maillon important qui manque dans la chaine de développement de cette filière stratégique caractérisée, de surcroît par un  manque d’engouement suscité par les éleveurs pour créer ce genre de coopératives », a poursuivi le même responsable.

« En dépit de la volonté affichée de l’Etat, depuis deux ans, pour encourager les éleveurs à créer des groupements d’intérêts communs pour assurer ce type de services à travers la mise en place d’instruments et mécanismes incitatifs, rien de concret n’a été fait en la matière », a déploré, pour sa part, le secrétaire général de la Chambre de l’agriculture de la wilaya d’Oran, Houari Zeddam.

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« L’Etat a essayé d’assurer la régulation du produit par l’intermédiaire de l’Oravio pour inonder le marché, mais les capacités de stockage sont moindres par rapport aux besoins du marché », signale-t-on à la Chambre de l’agriculture.

De même source, on indique que les aviculteurs travaillent par périodes allant de 3 à 4 fois par an. Ils achètent le poussin, le mettent en place et, 45 jours après, le poulet est prêt à être commercialisé.

Dans ce milieu professionnel, on souligne que l’absence d’organisation des aviculteurs pour programmer la mise en place des poussins serait à l’origine, en partie, des fluctuations des prix du marché. Celui-ci, en fin de compte, obéit à la loi de l’offre et de la demande.

« Le gros problème, c’est l’élevage informel non recensé », soutient Houari Zaddam, qui appelle à la lutte contre l’informel pour assurer une bonne régulation du marché des produits de la viande blanche.

Le petit élevage a disparu

Selon les données statistiques de la Direction des services agricoles (DSA) de la wilaya, les effectifs mis en place ont connu une nette augmentation, ces dernières années, avec un cheptel de plus de 5, 5 millions de sujets (poulet de chair), au titre de l’année  2016, pour une production de 105.980 quintaux de viandes blanches, soit le double de celui mis en place en 2013.

Par ailleurs, la wilaya dispose d’installations modernes formées d’une centaine d’ hangars d’élevage industrielle d’une capacité théorique de 1.885.000 sujets et pouvant atteindre jusqu’à le triple de ces effectifs.

En 2015, la production de la viande blanche était de 90.717 quintaux alors que les effectifs avoinaient les 1.449.000 poulets de chair, a-t-on avancé de même source.

Cependant, le secteur avicole a connu, au niveau local, une déperdition du petit élevage, pour laisser place à l’émergence d’installations modernes exploitées de manière industrielle par quelques 200 éleveurs, a indiqué le président de la Chambre de l’agriculture.

La disparition du petit élevage est due à l’émergence de nouveaux exploitants, qui se sont versés dans l’élevage industriel. Ces derniers sont localisés notamment dans les zones de Bethioua, Oued Tlélat et Boutlélis.

Certains de ces exploitants ont consenti de lourds investissements dans cette filière. C’est le cas de Kamel Benbahri, gérant de la SARL avicole « Bakhtaoui » qui a lancé en projet un abattoir moderne à vocation régionale, dans la localité d’El Kerma. L’installation est doté d’une chambre froide de 90.000 M3, rappelant la construction en cours d’une usine moderne d’aliments de volaille et de bétail, sise à Hammam Bouhadjar, dans la wilaya d’Aïn Témouchent, d’une capacité de 30.000 tonnes/an. Elle sera opérationnelle en avril 2017, a-t-il indiqué.

« Notre but est de créer un pôle de développement de cette filière, c’est-à-dire intervenir dans toute la chaine en faisant de l’élevage, de l’aliment de volaille, de l’abattage et de la distribution. L’objectif est de pallier le déficit existant et contribuer à l’effort de développement de cette filière », a-t-il indiqué.

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