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Bouteflika est-il aux commandes ?

Face à l’opacité qui entoure la gestion de l’institution présidentielle, l’opposition se pose de plus en plus des questions sur les capacités de Bouteflika à continuer à assumer ses fonctions.

Demande de destitution, dénonciation de l’existence d’un «pouvoir parallèle» et inquiétudes sur les risques d’une dérive. Quelques semaines après le début de la polémique entre le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, et le président du FCE, Ali Haddad, les langues se délient. La classe politique, notamment l’opposition, sort de sa réserve et s’inquiète des conséquences de cette lutte du pouvoir sur la sécurité du pays. Silencieux depuis le début de ce qui est devenu maintenant un feuilleton de l’été, Ali Benflis a rompu son silence.

A l’issue de la réunion de son bureau politique, son parti, Talaie El Hourriyet, rappelle que cette crise que connaît le sommet du pouvoir «influe négativement sur la gestion des affaires de l’Etat» et elle est «significative d’une aggravation de la crise de régime et de la profondeur de l’impasse politique générée par la vacance qui perdure au sommet de l’Etat», «impasse qui a dégénéré, en un délitement des institutions et constitue un danger pour la stabilité du pays et la sécurité nationale».

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Plus loin, le parti de Ali Benflis rappelle que «les milieux d’affaires qui soutiennent le régime   n’auraient jamais été mis en cause s’ils n’avaient pas été suspectés de vouloir peser sur les choix liés au rendez-vous électoral de 2019 qui constituent, pour le pouvoir, une ligne rouge à ne pas franchir». Plus précis, le parti Jil Jadid de Soufiane Djilali appelle à l’application de l’article 102 de la Constitution  qui évoque des cas d’incapacité du Président à gouverner «pourra éviter à l’Algérie une aventure gravissime», cela à défaut «d’une démission en bonne et due forme du président de la République».

Le jeune parti politique accuse clairement l’entourage du chef de l’Etat d’usurper ses fonctions. «L’accord tacite entre le Président et son entourage était simple : le Président mourra en tant que Président, quels que soient son état et la durée de sa maladie. En retour, le clan assumera le pouvoir en son nom et préparera la succession le moment venu à sa convenance.» Avant ces deux formations, l’homme politique et ancien ministre, Noureddine Boukrouh, a évoqué, lui aussi, une vacance du pouvoir.

«Si ce qui est imputé au président Abdelaziz Bouteflika par Ennahar TV émane réellement de lui, cela voudrait dire que nous ne sommes plus en présence d’un homme affligé d’une défaillance physique, mais aussi, depuis peu, d’une déficience mentale.» En conséquence de quoi, il préconise : «Sa destitution immédiate s’imposerait alors comme une nécessité devant l’apparition de signes de démence, de confusion mentale ou de perte de discernement chez lui, risquant de placer le pays dans une situation de ‘‘péril imminent’’», écrit-il sur sa page Facebook.

Avant ces sorties médiatiques, d’autres personnalités et partis politiques ont déjà dénoncé «la vacance» du pouvoir. Le Parti des travailleurs a souvent désigné «l’entourage» du chef de l’Etat comme détenteur du pouvoir réel. Des doutes qui sont renforcés par la publication, la semaine dernière, d’une «instruction» attribuée au président de la République. Mais la note en question n’a jamais été confirmée par les médias officiels, habitués à relayer la parole présidentielle.

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