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Brexit: L’UE va-t-elle trop loin en réclamant 100 milliards d’euros à la Grande-Bretagne?

BREXIT – En général, les divorces tournent au vinaigre dès qu’on parle d’argent. Celui des Britanniques et de l’UE ne devrait pas faire exception. L’UE à 27 et le Royaume-Uni entrent ce lundi 17 juillet dans le vif du sujet, pour un deuxième round de négociations à Bruxelles destiné à déterminer les conditions du Brexit.

Après une session inaugurale au cours de laquelle les deux parties se sont accordées sur le calendrier des rencontres et les sujets à régler en priorité, les deux camps vont pouvoir commencer à comparer leurs positions de négociation sur les dossiers les plus épineux: droits des citoyens et, surtout, solde des comptes.

Sur ce dernier point, l’Union européenne a déjà énoncé haut et fort ses prétentions: un chèque de 100 milliards d’euros. Et les Britanniques ont clairement fait savoir ce qu’ils en pensent.

Un chiffre jugé parfaitement « ridicule » dimanche 16 juillet par le grand argentier britannique Philip Hammond, pourtant réputé plus mesuré que son collègue eurosceptique Boris Johnson. Le ministre des Affaires étrangères avait déjà mouché les Européens le 11 juillet depuis Londres, assurant qu’ils pouvaient « toujours courir » pour que son pays paie cette facture.

Ambiance… Alors l’Union européenne abuse-t-elle sur ce dossier? A pousser le bouchon trop loin, elle prend le risque de se décrédibiliser. Or, tout indique que le Royaume-Uni ne paiera jamais 100 milliards d’euros.

Des estimations qui varient entre 25 et 109 milliards d’euros

D’abord, l’UE retient comme base de négociation le maximum de la fourchette. En effet, en fonction des estimations, les engagements de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l’UE vont de 25 à 109 milliards d’euros.

Pour commencer, tout dépendra de l’accord de sortie qui sera négocié en mars 2019, au moment où le Brexit sera effectif pour de bon. La Grande-Bretagne sortira-t-elle d’un seul coup et totalement de l’UE et de ses différents programmes? La sortie se fera-t-elle au contraire en douceur sur plusieurs années? La Grande-Bretagne continuera-t-elle à participer à certains programmes?

Si les Britanniques décident, et obtiennent, de rester dans le programme Erasmus, de participer aux programmes de recherche, ou au plan structurel, ce sera autant de moins à régler au départ, avec des estimations entre 54 et 109 milliards.

Ensuite, le montant de 100 milliards est un montant brut, qui ne tient pas compte de ce que l’UE doit au Royaume-Uni pour sa quote-part des dépenses du budget européen et du remboursement de prêts de l’Union. Le chèque de sortie oscillerait alors entre 25 et 65 milliards d’euros.

Faire payer pour la retraite des fonctionnaires de l’UE

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Bref, pour ceux qui en doutaient encore, tout est une question de posture dans cette négociation. Pour commencer, l’UE tente d’imposer le chiffre de 100 milliards comme base de négociations pour obtenir le maximum en retour.

En plus des engagements pris par le Royaume-Uni aux budgets annuels de l’UE (158 milliards d’euros en 2017) à venir, l’Union espère que Londres va payer pour ses promesses de participation aux fonds structurels européens (comme le plan Juncker), mais non inscrites aux budgets.

Mieux, l’UE a aussi la question des retraites des fonctionnaires européens en tête. « Il ne s’agit pas de la retraite des fonctionnaires britanniques, mais de la part du Royaume-Uni dans les retraites de tous les fonctionnaires de l’UE », explique une source diplomatique à France Soir.

Et ce n’est qu’un début. Il n’y a aucun doute que la question du budget est elle-même une variable de négociation vis-à-vis d’autres questions comme le sort des citoyens (3 millions d’Européens vivent au Royaume-Uni, 1 million de Britanniques vivent en Europe) et des entreprises.

Pour l’économiste André Sapir, un accord financier sera malgré tout extrêmement difficile à trouver. A tel point qu’il estime que ce sujet devrait sortir des négociations pour être confié à une autorité internationale, comme la Cour internationale de justice, ou la Cour permanente d’arbitrage, toutes deux à La Haye (Pays-Bas).

« L’arbitrage leur épargnerait beaucoup d’acrimonie réciproque, qui risque de s’amplifier au fur et à mesure que le temps passe et que la date butoir se rapproche », estime-t-il. A bon entendeur…

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