antalya rent a car Google
ehliyet sınav soruları alanya haber
kameralı sohbet
Accueil > Actualité > La crise des Rohingyas bouscule Aung Sang Suu Kyi

La crise des Rohingyas bouscule Aung Sang Suu Kyi

VIDÉO – La Prix Nobel de la paix est accusée de passivité, alors que la minorité musulmane birmane subit « un nettoyage ethnique ».

À Singapour

Les eaux boueuses du Naf charrient des cadavres. Sept nouveaux corps, parfois criblés de balles ont été repêchés mercredi dans ce fleuve traçant la frontière du Bangladesh, et que des foules de Rohingyas épuisés tentent de traverser, pour fuir les violences en Birmanie. Ce décompte macabre mené par Dacca inclut des enfants et vient s’ajouter à la centaine de candidats à l’exil, retrouvés noyés depuis fin août et la résurgence du conflit qui oppose bouddhistes et musulmans dans l’État d’Arakan (Rakhine), dans l’ouest de la Birmanie.

«Un exemple classique de nettoyage ethnique»

Zeid Ra’ad Al Hussein, haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme

Plus de 379.000 Rohingyas, dont une majorité d’enfants, ont trouvé refuge au Bangladesh en quelques semaines, selon l’ONU. Cette «marée humaine» sans précédent depuis le début du conflit, pousse l’ONU à tirer la sonnette d’alarme. Mercredi, son secrétaire général, Antonio Guterres, a appelé le pouvoir birman à suspendre les opérations contre le peuple rohingya. Il s’agit d’«un exemple classique de nettoyage ethnique» a dénoncé Zeid Ra’ad Al Hussein, le haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, lundi.

Ces accusations lourdes accroissent encore la pression sur Aung San Suu Kyi, mais la dirigeante birmane vient une nouvelle fois de botter en touche. La Prix Nobel de la Paix a soudainement annulé sa visite à l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’ouvre la semaine prochaine à New York, et où la crise des Rohingyas occupera le devant de la scène. «Peut-être a-t-elle des affaires plus urgentes à gérer», a déclaré l’un de ses porte-parole, sans préciser les raisons de cette décision de dernière minute.

Emploi et Recrutement en Algérie

The «Lady», comme on la surnomme à Rangoun, icône de la résistance démocratique, est aujourd’hui sous le feu des critiques internationales pour sa prudence, voire sa passivité, face au sort subis par cette minorité musulmane. Après les États-Unis, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, lui aussi lauréat du prix Nobel, a appelé Aung San Suu Kyi à l’action, alors que les États-Unis haussent le ton. Mercredi soir, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a pour sa part indiqué qu’elle «persécute les musulmans» et a appelé à «remettre en question son prix Nobel». Seule la Chine a volé au secours de l’icône en péril, y voyant une opportunité de regagner à Nay Pyi Taw, une influence amoindrie depuis l’ouverture démocratique du pays.

Leurs habitants fuient la répression orchestrée par l’armée birmane et des milices bouddhistes

Les rumeurs et les fake news contradictoires circulent depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux, semant la confusion sur la situation réelle dans l’État d’Arakan, étroitement contrôlé par l’armée birmane. Depuis l’attaque menée par des insurgés rohingyas contre la police birmane fin août, la répression et les violences ont redoublé, ayant fait plus de 1000 morts, selon l’ONU. Des dizaines de villages musulmans ont été incendiés, poussant leurs habitants sur la route, selon de nombreux témoignages d’ONG. «Les villages sont brûlés les uns après les autres. Je pense que les Rohingyas ont déjà été complètement chassés de Rathedaung», a déclaré Chris Liwa, de l’Arakan Project, évoquant cette région où une dizaine de villages sont partis en fumée ce week-end.

Leurs habitants fuient la répression orchestrée par l’armée birmane et des milices bouddhistes, affirment des témoignages sur place. «Nous avons reçu de multiples rapports et des images satellites montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas, et des informations cohérentes faisant état d’exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite» a ajouté le haut-commissaire de l’ONU Al Hussein. Des accusations balayées par Aung Sang Suu Kyi et impossible à étayer, alors que Nay Pyi Taw interdit l’accès de la région aux journalistes étrangers et à la commission d’enquête désignée par l’ONU.

Al-Qaida menace de frapper le gouvernement birman de représailles

Le silence de la dirigeante, également ministre des Affaires étrangères, illustre les limites de son pouvoir face aux militaires dans un pays mosaïque toujours menacé par les forces centrifuges, malgré son triomphe électoral en 2015. Dans l’État frontalier d’Arakan, la fille du général patriote Aung San, doit composer avec le chef de l’armée Min Aung Hlaing, pour qui les «Rohingyas ne font pas partie de l’histoire du pays». Une opinion partagée par beaucoup dans cette nation à 90 % bouddhiste, qui n’a jamais accordé la nationalité à ces immigrés musulmans arrivés pour la plupart depuis le XIXe siècle et aujourd’hui qualifiés de «terroristes».

Une accusation qui pourrait prendre corps alors qu’al-Qaida menace de frapper le gouvernement birman de représailles. «Le traitement barbare infligé à nos frères musulmans ne restera pas impuni», affirme un communiqué de l’organisation djihadiste, selon le site SITE spécialisé dans la surveillance des activités en ligne des groupes extrémistes. «Des rumeurs circulent évoquant des camps d’entraînement pour préparer le retour de combattants rohingyas en Birmanie, mais rien n’a été prouvé», confie une source onusienne. L’internationalisation de la crise menace.

Commentaires

comments

Lire l'article depuis la source

x

Check Also

M. Messahel s’entretient à New York avec le président de l’Assemblée Générale de l’ONU

M. Messahel s’entretient à New York avec son homologue nigérian – samedi 23 septembre 2017 ...

Partages
bypass shell
wacth porn