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Hogra/Amina, l’histoire d’une Algérienne devenue SDF

Veuillez écouter le cri d’une citoyenne Algérienne, veuve d’un âge avancé, avocate de profession et qui a enduré une abominable injustice. Elle se retrouve complètement désemparée dans la rue, dans le désarroi le plus total suite à la démolition de sa maison d’une manière injuste par l’administration (wilaya d’Alger, APC  d’El-Biar, daira de Bouzereah). Non seulement l’administration a commis des infractions, violation et transgression de la loi en démolissant la maison mais en plus, elle refuse de la reloger. N’ayant pas trouvé d’autres solutions que de s’approcher de vous afin de dénoncer les dépassements dont elle a été victime et qui la conduisent à vous relater les faits suivants :

Je suis propriétaire d’un duplex F2 sis au 39 Boulevard colonel Bougara El-Biar, Alger ou je menais une vie paisible. Il s’agit d’un immeuble en deux blocs séparés par une cours commune et édifié sur un local au niveau du sous sol. Ainsi, l’accès aux appartements se pratique à l’aide d’un escalier extérieur.

En 2011 et suite à l’obstruction des canalisations des eaux usées du bloc d’appartement se trouvant en face du mien, les occupants de ces lieux ont commis des incivilités préjudiciables en déversant leurs égouts directement dans le local du sous sol. Ceci s’est soldé par l’affaissement progressif de ce dernier.

En Juin 2015, je me suis rendue en France pour un control médical suite à mon opération au service de cardiologie à l’hôpital Saint-Joseph à Marseille. A mon retour, j’ai trouvé que la situation s’est gravement dégradée au point que l’accès à mon appartement était devenu risqué et impraticable. Mes voisins ont pu bénéficier et sous la pression médiatique du relogement par la daira de la circonscription de Bouzereah et la wilaya en date du 29 Juillet 2015. Vu l’état de l’immeuble menacé de ruine, l’immeuble s’est donc vidé de ces habitants, l’électricité et le gaz coupés, je me suis retrouvée dans une situation critique et risquée pour ma vie.

J’ai donc entreprit diverses démarches auprès de ces mêmes autorités afin que je puisse bénéficier soit d’un relogement soit de la réhabilitation du bloc ou se trouve mon appartement, notamment la réparation et la sécurisation des escaliers pour pouvoir accéder à mon logement en toute sécurité.  Je vous informe :

Que j’ai déposé mon dossier de relogement le 24 Août 2015 avec accusé de réception sous le numéro 5223 et ce après le relogement de mes voisins.

Que le retard du dépôt du dossier de relogement est du à mon absence à cause d’un contrôle médical le 09 Juillet 2015 en France.

Que j’étais dans l’obligation de redéposer un deuxième dossier en date du 23 septembre 2015 avec accusé de réception sous le numéro 5795 après qu’on m’ait informé que mon dossier a été égaré.

Que dans le dit dossier j’ai produit le compte rendu de l’hôpital Saint-Joseph de Marseille ou je me suis faite opérée et le certificat médical et le RDV médical du 15 Octobre 2015 que j’ai raté à cause de l’attente de mon relogement. Ceci afin de justifier mon absence quand les voisins ont été relogés.

Qu’au suite au dépôt de ma deuxième demande, la daira m’a informé que cette dernière a été transmise à la wilaya pour étude le 22 Octobre 2015.

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Que j’ai été obligé de demeurer dans mon logement et malgré tous les risques encourus pour ma personne car je n’avais pas le choix d’aller ailleurs c’est ma seule maison. Suite à cette situation humainement difficile et dans cette impasse j’ai épuisé toutes les voies pour me rapprocher du wali délégué de la circonscription de Bouzereah et du président de l’APC communale d’El-Biar et même le wali d’Alger que tous ces efforts sont restés en vain.

Que malgré mon dossier et pièces qui témoignent de mon droit à un relogement dans l’immédiat comme tous mes voisins, non seulement ma demande de relogement semble négligée voir ignorée par les autorités. Par surcroît, je me suis retrouvée victime d’acte de provocation et moqueries de la part de l’autorité du chef du cabinet du wali délégué. On a porté atteinte à ma dignité et à mon intégrité personnelle en tant que femme, veuve, malade d’un âge avancé par l’accusation gratuite et non fondée comme quoi je réside en France à l’hôpital Saint-Joseph ce qui est une aberration phénoménale de la part d’un cadre d’état qui confond séjourner en hôpital et résider dans un hôpital et comment peut-on avoir une résidence dans un hôpital ? Je n’ai jamais eu une résidence en France à part un séjour médical et j’ai été dans l’obligation d’adresser un courrier à la préfecture de Marseille leur demandant un document prouvant que je n’ai jamais eu de résidence en France et cette dernière m’a répondu.

Qu’après une accusation absurde telle que celle-ci visant à me priver de mes droits et de toute cette mascarade et le non sérieux de l’administration j’ai commencé à envoyer des recours et demandes d’audience et d’intervention au wali pour mon relogement par le biais du huissier qui sont restées sans suite à ce jour avec copies d’information au wali délégué de Bouzereah, au président de l’APC d’El-Biar ainsi qu’au procureur général de la cour d’Alger et au parquet de Bir-Mourad Rais lui annonçant que ma vie est en danger dans ce lieu. Ce dernier m’a répondu par le biais de la sureté d’El-Biar qu’il faut se rapprocher du tribunal civil.

Qu’en face de cette impasse de non relogement et vu le danger que j’encourrai en continuant à habiter les lieux vu que c’est mon unique résidence et que par conséquent je n’avais pas d’autres choix, j’ai fait appel à un expert. Ce dernier a établit un rapport d’expertise stipulant que le bloc ou se trouve mon logement pourrait être réhabilité et ce sans plus attendre au risque d’éboulements.

Qu’en se basant sur cette expertise je n’avais d’autres choix que de déposer une demande de réhabilitation au président de l’APC d’El-Biar. Encore une fois j’ai été la risée de moqueries et dénigrements ou se dernier se permet de me conseiller d’acheter un appartement LSP.

Qu’en suivant mon dossier à l’urbanisme il s’est avéré qu’il y’avait une correspondance de l’OPGI qui m’accuse d’avoir squatté l’appartement et que cet appartement et l’ensemble de l’immeuble fait l’objet d’une décision de démolition de la part du wali d’Alger. Comme j’habitais toujours dans ce logement j’ai été surprise de cette décision qu’on ne m’a jamais notifiée selon la loi : Article 86 du code de l’urbanisme et en application de l’Article 89 de la loi N° 10-11 en date du 22 Juin 2011 stipulant que la décision de démolition doit être notifié au propriétaire. Ce qui m’a conduit à demander cette décision devant le tribunal administratif en référé.

Qu’en date du 13 Juin 2016, le tribunal administratif d’Alger a rendu son ordonnance condamnant la wilaya à me saisir d’une copie de la décision de la démolition. Cette ordonnance a fait l’objet d’un appel devant le conseil d’état et je n’ai jusqu’à ce jour jamais vu cette décision de démolition.

Que dans l’absence de cette décision de démolition, j’ai introduit une affaire en administrative demandant la réhabilitation en s’appuyant sur l’expertise citée en sus et aussi sur l’expertise du contrôle technique. L’affaire étant en délibéré, l’administration a menacé de démolir en amenant sur les lieux des engins de démolition alors que mes affaires et meubles étaient toujours dans le logement et que j’y résidais. Devant cette situation accablante j’ai saisi le tribunal administratif section référé urgence. Et malgré que le tribunal ait rendu son ordonnance pour arrêter la démolition en date du 13 Mars 2017, l’administration (wilaya, daira, APC, OPGI) a enfreint et transgressé l’ordonnance du juge en prétendant que l’administration est au dessus de la justice et que la décision de la démolition est au dessus de l’ordonnance du tribunal (présence de témoins).

Malgré un comité de soutien des consœurs et confrères avocats présents sur les lieux et tenant l’ordonnance de non démolition qui venait d’être délivré par le tribunal,  ma maison a été démoli sous mes yeux impuissants en larmes, je me retrouve ainsi dehors sans aucune solution avec ce sentiment d’injustice et de hogra et ce sentiment que en Algérie la loi n’est pas respecté par l’administration. Aujourd’hui, je n’ai d’autres choix que de raconter mon histoire afin de sensibiliser l’opinion publique à ma situation douloureuse et que ma voix soit entendue par la présidence, par les autorités : afin qu’on puisse me trouver une solution à la situation de SDF dans laquelle je me suis retrouvée du jour au lendemain à cause de la hogra qui a pris racine dans notre pays.

Amina Kadik 

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