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La médecin Agnès Buzyn nommée ministre des solidarités et de la santé

Agnès Buzyn, à Paris, en 2011.

La professeure Agnès Buzyn, 54 ans, quitte la présidence de la Haute Autorité de santé (HAS) pour prendre la tête du ministère des solidarités et de la santé. C’est donc un médecin – et non des moindres – qui revient avenue Duquesne, comme le souhaitait Emmanuel Macron. Son parcours professionnel, au cours duquel elle a alterné la pratique clinique hospitalière et la direction ou la présidence de différentes institutions publiques – Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Institut national du cancer (INCA) et HAS –, ne sera pas de trop, notamment vis-à-vis des professionnels de santé.

Née à Paris, Agnès Buzyn a baigné dans la médecine depuis l’enfance : un père chirurgien, des oncles médecins ou chirurgiens, une mère psychologue et psychanalyste. Le parcours de cette ancienne interne des Hôpitaux de Paris se déroule pour l’essentiel à l’Université Paris-V et à l’hôpital Necker, où elle deviendra, de 1992 à 2011, responsable de l’Unité des soins intensifs d’hématologie pour les adultes et le traitement des leucémies par greffe de moelle. Une période au cours de laquelle, comme d’autres femmes médecins, elle devra affronter plus d’obstacles que ses confrères masculins.

Nommée professeure des universités-praticienne hospitalière en 2004, elle prend quatre ans plus tard la présidence du conseil d’administration de l’IRSN. Une fonction qu’elle occupera jusqu’en 2013. Parallèlement, de 2009 à 2015, elle est membre du Comité à l’énergie atomique et entre au conseil d’administration de l’INCA en 2009. Vice-présidente de cet institut en octobre 2010, elle en prend la présidence le 27 mai 2011 et met en œuvre le 3e Plan cancer (2014-2019). Le tout en conservant ses fonctions de professeure d’hématologie à l’Université Pierre-et-Marie-Curie Paris-VI et une consultation d’hématologie à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Le 7 mars 2016, un décret du président de la République la nomme présidente du collège de la Haute Autorité de santé.

Prolonger la politique de transparence

C’est donc une professionnelle de santé au parcours brillant qui prend les rênes de la politique de santé en France. Saura-t-elle resserrer avec ses confrères les liens quelque peu distendus avec celle à qui elle succède, Marisol Touraine ? C’est l’un des défis qui l’attendent, avec celui auquel elle s’est déjà confrontée : les inégalités de santé.

La ministre aura aussi pour tâche d’accroître la présence des patients dans les instances de santé. Elle n’avait pas obtenu des parlementaires et du ministère de la santé la nomination de patients dans le collège de la HAS – avant que Marisol Touraine ne leur fasse une place en y nommant Christian Saout, secrétaire général délégué du Collectif interassociatif sur la santé.

Elle aura aussi à prolonger la mise en place d’une politique de transparence et de lutte contre les conflits d’intérêts dans le monde de la santé. Par le passé, Agnès Buzyn avait publiquement souligné les difficultés que posait l’application de règles plus strictes en matière de liens des cliniciens et chercheurs avec l’industrie pharmaceutique.

La nouvelle ministre a entretenu une ambiguïté entre des travaux de recherche et un rôle de consultant des dirigeants de laboratoires pharmaceutiques
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Contrairement aux tenants d’une attitude intransigeante dans ce domaine, elle insistait sur la raréfaction des experts qualifiés et dépourvus de liens d’intérêts avec les industriels. Mediapart la citait, expliquant lors d’une audition au Sénat le 20 janvier 2016 : « On commence à avoir des experts institutionnels qui n’ont plus aucun lien avec l’industrie pharmaceutique et dont on peut se demander, à terme, quelle va être leur expertise, puisqu’ils ne sont plus à aucun “board”. » Une réponse entretenant une ambiguïté entre des travaux de recherche et un rôle de consultant des dirigeants de laboratoires pharmaceutiques.

Enfin, Agnès Buzyn aura certainement à préciser les rapports qu’elle entretiendra avec l’Institut des sciences et de la recherche médicale (Inserm), dont son ministère exerce la cotutelle avec celui de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation. L’institut a pour PDG son mari, le professeur Yves Lévy.

« Renouer le dialogue »

La nomination d’Agnès Buzyn a été largement saluée dans le monde de la santé, y compris et peut-être surtout par les détracteurs de Marisol Touraine, qui s’était mis à dos les médecins.

Parmi ceux qui se réjouissent tout simplement figurent la Fédération hospitalière de France, rassemblant plus de mille établissements publics de santé, l’Alliance contre le tabac ou l’Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie.

Parmi les satisfaits d’un changement de titulaire au ministère de la santé, le Syndicat des médecins libéraux affirme qu’un « changement de méthode est attendu et nécessaire au rétablissement de relations de confiance », après « un quinquennat d’incompréhension et de conflits inédits ». Le Conseil national de l’ordre des médecins espère que la nomination d’Agnès Buzyn permettra « de renouer le nécessaire dialogue entre les professionnels de santé et le gouvernement ».

L’organisation la plus sceptique est la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) qui se dit « inquiète et sceptique ». Parlant d’un « travail immense pour réformer en profondeur le système de santé français qui souffre d’un cloisonnement entre les acteurs et d’une organisation trop centrée sur l’hôpital », la CSMF, « sans faire de procès d’intention », évoque la nomination d’Agnès Buzyn comme « un mauvais signal pour la médecine libérale ». Pour justifier ce jugement, le syndicat évoque l’absence de représentant de la médecine libérale dans le collège de la Haute autorité de santé.

Outre ses mérites propres, Agnès Buzyn semble donc avoir une qualité que beaucoup lui reconnaissent : elle n’est pas Marisol Touraine.

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