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LE COORDINATEUR NATIONAL DU SAFAP À L’EXPRESSION : « Ne confondons pas le rôle de l’administration et la mission du médecin »

LE COORDINATEUR NATIONAL DU SAFAP À L’EXPRESSION

L'administration pense connaître l'intérêt du patientL’administration pense connaître l’intérêt du patient

Le secteur de la santé demeure un espace où beaucoup de choses restent à faire, malgré les efforts déjà consentis par l’Etat et notamment par la tutelle. Les réformes du ministre de la Santé devraient ouvrir des brèches pour aboutir à des solutions durables, mais encore faut-il rappeler que les instructions du département ministériel de la santé ne sont que rarement appliquées! Ce problème qui freine d’ailleurs le développement dans ce secteur a été abordé par L’Expression avec le coordinateur national du Safap (Syndicat algérien des fonctionnaires de l’administration publique), Badre Koulaïbi, qui répond à nos questions dans cet entretien. Très imprégné en sa qualité de syndicaliste, notre interlocuteur propose des solutions simples, capables d’améliorer la gestion dans les hôpitaux et secteurs de santé avec juste une condition, la bonne volonté.

L’Expression: En votre qualité de syndicaliste comment évaluez-vous la situation du secteur de la santé aujourd’hui?
Badre Koulaïbi:
En toute franchise, le secteur de la santé est très inquiétant, pratiquement dans tous les domaines. La cause est pourtant identifiée. Ce que je veux dire est le fait que l’on s’obstine à confondre entre la responsabilité administrative d’un côté et la mission du médecin dont la fonction ne relève nullement du statut de la gestion. En plus clair, on confond le rôle de l’administration et la mission du médecin.
La problématique engendre des influences négatives sur la santé du secteur, notamment quand on s’attarde à définir les devoirs et les responsabilités de chacun. Cette influence a des répercussions sur le travail des employés de l’administration. Dans ce tourbillon, c’est le patient qui est perdu et reste la première victime de ce malentendu. Cette confusion entre le rôle de l’administrateur et la mission du médecin résulte tout simplement du non-respect des directives de la tutelle et le ministre Abdelmalek Boudiaf n’a jamais manqué de relever ce point appelant chacun à faire preuve de conscience et de responsabilité dans son propre espace.

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A votre avis quelles sont les solutions qui peuvent contribuer à améliorer la situation dans les hôpitaux?
Pour les solutions, ce n’est vraiment pas la mer à boire. Il suffit à ce propos de voir comment développer une stratégie permettant de recadrer et de former les directeurs des hôpitaux et des centres de la santé, définir où commence et finit son devoir, permettre l’ouverture d’une voie de dialogue entre ceux-là même et les employés de l’administration, chose d’ailleurs qui a toujours été encouragée par le ministre de la Santé. Il est aussi plus adéquat, voire plus légitime de nommer un administrateur au poste de directeur bien sûr quand il répond aux conditions au lieu de nommer un médecin qui a une mission plus humaine, définir aussi le rôle de chacun. Cela à mon avis peut contribuer à mieux dégager et identifier les fonctions aussi bien d’un responsable administratif que d’un médecin. Ce qui va éradiquer les mauvaises influences, les malentendus et surtout apaiser la pression sur le simple employé qui doit rendre compte à son supérieur uniquement.

Comment votre syndicat agit dans l’intérêt du patient et de l’employé?
Le rôle d’un syndicat dans le secteur de la santé est avant tout la protection de l’employé. Celui-là doit être formé, tout en étant conscient qu’il exerce dans un secteur sensible donc il doit répondre parfaitement à ses devoirs aussi bien à l’égard de sa fonction en tant qu’employé de l’administration qu’à l’égard du patient. Lui permettre de travailler sans pression ou mauvaise influence pour l’inciter à être plus rentable et productif dans l’accomplissement de son action. L’employé est aussi appelé à exprimer une bonne conduite dans l’intérêt du patient et c’est le plus important.
Dans ce contexte justement je tiens à interpeller, si vous me permettez, le ministre de la Santé pour prendre en considération les recommandations du syndicat pour mieux considérer l’employé souvent victime de pression de certains responsables et prendre les mesures indispensables pour appliquer les sanctions contre ces mêmes responsables qui souvent dépassent leurs prérogatives pour porter préjudice à l’égard de l’employé, ce qui porte atteinte à l’image du secteur, qui est aussi un trait de négligence et d’abus de pouvoir.

On a constaté un départ massif de médecins dans certaines régions, pouvez-vous nous donner des explications et comment remédier à ce problème inquiétant?
Effectivement, on a reçu un nombre important de démissions de la part de médecins spécialistes, notamment dans la wilaya de Béchar. Plus d’une trentaine. Comme je l’ai souligné plus haut, quand on n’exerce pas dans des conditions qui répondent à l’importance de sa mission, le résultat est toujours affligeant. Quand on constate les négligences, l’abus de pouvoir, la mauvaise gestion, des pressions inutiles et les mauvaises influences, on finit par baisser les voiles.
La source des problèmes au niveau du secteur de la santé se résume toujours dans l’administration et sa gestion. Les exemples ne manquent pas. Dans ce contexte la tutelle devrait être plus stricte pour faire respecter la loi et remettre sur les rails le bon fonctionnement des infrastructures de la santé en positionnant chaque acteur dans les limites de sa fonction.

Sur le plan politique votre syndicat a-t- il atteint ses objectifs?
Concernant ce point, je dois dire qu’il est clair que chaque syndicat a un rôle politique et social à jouer aussi bien pour la sensibilisation du citoyen que sur le développement du secteur de la santé. Les syndicats restent un partenaire social par excellence du gouvernement, on peut atteindre nos objectifs par le dialogue afin de trouver des solutions durables d’où l’importance de la participation des syndicats dans la vie politique et dans la prise des décisions. Notre souhait aujourd’hui est de trouver un terrain d’entente, rassembler les bonnes volontés, prendre des initiatives et s’assoir autour d’une table avec le gouvernement. Le but est aussi de préserver ce canal de dialogue entre les deux parties pour l’évolution et l’émergence du secteur de la santé.

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