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«Nous revendiquons la démocratie, nous avons commencé par nous-mêmes»

Votre parti, Talaie El Hourriyet, qui prend part aux élections locales du 23 novembre, s’est plaint de graves dépassements de la part de l’administration. Pensez-vous qu’il a été particulièrement visé ? Avec le recul, ne pensez-vous pas que participer à une élection dans le contexte actuel est une décision hasardeuse ?  

Le pouvoir a usé de toute son ingéniosité maléfique pour bloquer les listes de notre parti afin de le minoriser sur la scène politique. Nous n’étions pas naïfs au point de nous attendre à ce que l’appareil politico-administratif nous déroule le tapis rouge pour notre première participation électorale.

Mais de là à user de subterfuges aussi ridicules les uns que les autres pour rejeter nos listes dépasse l’entendement. C’est de l’acharnement ! Au caractère inique de certaines dispositions de la loi organique que nous avions dénoncées, sont venus s’ajouter l’abus de pouvoir, la surenchère et le zèle de ceux qui, au niveau local, ont appliqué la consigne non écrite de bloquer les listes de Talaie El Hourriyet. Oui, notre parti est particulièrement visé. Je n’exagérerais pas en disant que la disposition de la loi organique elle-même, qui exige des signatures pour les partis qui participent à un scrutin pour la première fois, visait notre parti.

C’est une clause anti-Talaie El Hourriyet. La décision de la participation aux élections locales n’est pas hasardeuse dans la mesure où la décision a été prise en connaissance de cause. Nous ne sommes pas dupes au point de nous attendre à ce que ce scrutin réponde aux normes démocratiques universellement admises. Nous savons parfaitement que ces élections, comme les précédentes, ne seront ni transparentes, ni régulières, ni loyales. Elles porteront la marque infamante de la fraude électorale.

Nous savons parfaitement que les lois organiques relatives au régime électoral et à la Haute instance indépendante de surveillance des élections n’ont contribué qu’à la consolidation de la mainmise de l’appareil politico-administratif sur le processus électoral et des mécanismes de la fraude. Sauf que notre parti qui prône la démocratie se fait un point d’honneur à commencer par appliquer la démocratie comme mode de fonctionnement interne. Les membres du Comité central avaient fait le choix de ne pas participer aux élections législatives.

Nous l’avions respecté. Ils ont fait le choix de la participation aux élections locales. Nous avons tenu à le respecter. C’est un choix transparent et démocratique, intervenu lors d’un vote nominatif en présence des médias. Un choix difficile que notre parti a assumé, je le répète, en connaissance de cause.

Le diagnostic de la crise fait consensus chez les partis de l’opposition, mais dans la réalité il y a une forme d’inertie qui caractérise l’activité politique en Algérie. Comment voyez-vous l’issue à cette impasse dans laquelle se retrouve l’opposition ?

La responsabilité de ce que vous considérez comme une forme d’inertie qui caractérise l’activité politique en Algérie incombe entièrement au pouvoir en place qui, comme je l’ai déjà dit, ne tolère le multipartisme que pour sa vitrine extérieure. Il ne reconnaît la qualité d’acteurs politiques qu’à ses alliés et sa clientèle politique.

Tout, depuis la croisade pour obtenir un agrément pour un parti politique, aux tracasseries pour obtenir une autorisation pour la tenue d’une activité partisane en dehors du siège, aux ingérences dans le fonctionnement des partis politiques avec la menace de redressement pour écarter les directions indociles, à la complicité pour promouvoir les forces de l’argent sur la scène politique, tout cela concorde à encadrer la vie politique de telle façon que le champ politique soit verrouillé et que l’activité de l’opposition se résume à sa plus simple expression. Voilà la triste réalité ! Quant à l’issue de cette impasse, il est à craindre, malheureusement, qu’elle ne soit dramatique.

Et c’est ce que nous voulons éviter. Le changement doit être pacifique. Malheureusement, tout dans le comportement du pouvoir en place met en danger la cohésion nationale et la stabilité du pays. On ne peut pas dire que l’opposition qui s’est rassemblée autour de la plateforme de Mazafran a échoué puisque la proposition de cette plateforme est toujours sur la table. Notre parti, Talaie El Hourriyet, reste fermement attaché à l’action unitaire de l’opposition nationale mise au service du projet de transition démocratique.

Certes, il y a eu des divergences sur l’attitude à adopter au sujet des élections législatives, et il y en a aujourd’hui sur les élections locales. Mais nous estimons que ces divergences ont un caractère secondaire et dérisoire par rapport aux véritables défis politiques, économiques et sociaux que le pays se doit de relever. Dans cet esprit, notre parti tient à la préservation de l’unité des rangs de l’opposition nationale qui représente un acquis précieux pour la cause démocratique de notre pays, car il n’est pas facile de réunir tous les courants de l’opposition autour d’un même objectif, celui d’imposer au pouvoir la négociation d’une transition démocratique pour sortir définitivement le pays de la crise.

Que pensez-vous des appels de plusieurs personnalités, en l’occurrence Noureddine Boukrouh, Ali-Yahia Abdennour, Ahmed-Taleb Ibrahimi et Rachid Benyellès à l’adresse de l’armée pour favoriser un changement pacifique dans le pays ?

Il est évident que la gravité de la situation actuelle interpelle tout ce que notre pays recèle de politiques, d’intellectuels et d’acteurs de la société civile qui mesurent les risques de l’attitude suicidaire du pouvoir pour la sécurité et la cohésion nationale et la stabilité du pays. Il est donc tout à fait normal que les initiatives se multiplient et bien qu’elles ne se ressemblent pas, elles convergent vers des propositions de sorties de crise.

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Ces initiatives ont chacune leur mérite. Je ne sais pas si les personnalités que vous citez demandent explicitement à l’armée d’intervenir dans le champ politique pour favoriser un changement pacifique dans le pays. Ce n’est pas la lecture que j’en ai fait de leurs déclarations et de leurs écrits. Ils ont tout à fait le droit de dire comment ils voient la sortie de crise.

Ce sont des personnalités respectables et respectées et qui ont servi dignement leur pays. Pour moi, l’armée ne doit pas s’impliquer dans le débat politique national. Son rôle n’est pas celui d’être une partie prenante dans la recherche d’une solution à la crise, mais d’accompagner, de garantir et de veiller au respect de toute démarche consensuelle qui sera adoptée dans le cadre d’un dialogue politique national, pour un projet rassembleur pour une sortie de crise définitive et la construction d’un Etat démocratique.

Depuis quelque temps, vous ne parlez plus de vacance de pouvoir mais d’impasse politique. Vos adversaires vous accusent de faire dans le nihilisme, vos discours sont déprimants. En quoi la situation du pays est dans l’impasse ?

Ce ne sont pas nos discours qui sont déprimants, c’est la réalité qui l’est, c’est l’état dans lequel le régime a mis notre pays qui est déprimant. C’est le marasme économique et social qui est déprimant. C’est cet horizon bouché qui pousse nos jeunes à risquer leur vie en tentant l’aventure d’une traversée périlleuse pour rejoindre d’autres rives qui est déprimant. Ce n’est pas Talaie El Hourriyet qui a qualifié la situation de notre pays d’«enfer». Pour notre part, nous croyons fermement que d’autres choix s’offrent à l’Algérie.

Quant à l’impasse politique, elle est indéniable. Avec une institution présidentielle qui monopolise l’essentiel des pouvoirs constitutionnels sans pour autant les assumer, avec une institution législative qui a subi un désaveu cinglant le 4 mai 2017 qui lui a ôté toute légitimité, toute représentativité et toute confiance, avec l’instabilité gouvernementale qui fait que des décisions contradictoires se succèdent au gré des changements de gouvernements et de ministres, avec l’absence de contre-pouvoirs et le discrédit des organes de contrôle, ce sont les principales institutions de la République qui apparaissent dans un état de délabrement avancé, constituant ainsi une menace à la pérennité de l’Etat national. C’est cela l’impasse politique dans laquelle le pouvoir en place a plongé notre pays.

Beaucoup de partis qui ont été avec vous dans le cadre de la CNLDT et l’ICSO parlent de l’intrusion de l’argent sale dans le processus électoral. Comment expliquez-vous la persistance de ce phénomène ?

C’est un fait que l’argent sale a investi la sphère politique, les institutions et le(s) centre(s) de décision. Il a pollué l’environnement politique, introduisant des pratiques détestables dans la vie politique, contribuant ainsi à la désaffection du citoyen vis-à-vis du politique. Cela pouvait-il se faire sans la complicité du pouvoir en place ? J’en doute. L’argent douteux n’a pas surgi du néant. Il s’est constitué d’abord à la faveur de l’embellie financière exceptionnelle de la dernière décennie. Puis, il a prospéré à l’abri d’un régime politique qui aura été, à tout le moins, accommodant, complaisant et permissif à son égard. Cela a aiguisé ses appétits et cela a nourri en lui des ambitions politiques. En l’absence de garde-fous, le pouvoir de l’argent a pris d’assaut les institutions et les cercles du pouvoir.

S’agissant de la reconfiguration de la scène politique, il faut avoir à l’esprit que le pouvoir en place ne tolère le multipartisme que pour la vitrine extérieure. Il ne tolère que l’opposition qui s’insère dans son agenda. Il est normal, dès lors, que le pouvoir procède à une reconfiguration de la scène politique, notamment par le trucage des élections, ce qu’il a fait lors des dernières législatives pour s’appuyer sur sa clientèle, dont les forces de l’argent, pour baliser le chemin qui mène à l’échéance 2019 et assurer sa survie. On a vu comment, «par le miracle des urnes», des partis de l’opposition qui se sont engagés dans le combat démocratique depuis des décennies ont été minorisés alors que d’autres partis politiques nés dans la périphérie du pouvoir ont été propulsés sur la scène politique.
 

Le gouvernement a décidé de recourir au financement non conventionnel pour résorber la crise économique que traverse le pays. Pensez- vous que c’est la bonne solution pour s’en sortir ? 

C’est un fait que la situation économique a atteint une gravité sans précédent. Les gouvernements qui se sont succédé depuis le début de la crise ont prouvé leur incapacité à relever les défis induits par cette situation et à y apporter les réponses et les mesures nécessaires. Ils n’ont jamais arrêté une stratégie sérieuse pour faire face à la crise. Ils se sont attachés aux aspects comptables de la crise et ont ignoré les réformes structurelles que la crise a rendues davantage indispensables et urgentes.

On a d’abord essayé la démarche pluriannuelle 2016-2019. On a adopté, par la suite, le Nouveau modèle de croissance avec une projection sur 2030, tombé aux oubliettes ! Trois ans et demi de perdus depuis le début de la crise financière. Le gouvernement actuel croit avoir trouvé la solution magique, celle de recourir à la planche à billets, contre l’avis de la grande majorité des experts. Et toutes ces démarches procéderaient d’un programme mythique du président de la République.

Or, tout le monde le sait, et les exemples sont légion, pas ceux cités par nos gouvernants pour tromper l’opinion publique, qu’un tel choix entraînera le pays dans une spirale dangereuse et mènera inéluctablement à l’explosion des prix, à une dévaluation incontrôlable du dinar et à une inflation galopante.

Cette situation de crise économique majeure va se répercuter sur les couches vulnérables de la population, ouvrant la voie à des instabilités sociales inévitables et à des risques sérieux sur la sécurité et la stabilité du pays. Les experts ont multiplié les mises en garde contre le recours à la planche à billets et les dangers de dérapage en termes d’inflation, de détérioration du coût de la vie, de dévaluation du dinar, notamment.

Le pouvoir autiste n’a rien voulu entendre. Voilà un gouvernement qui pâtit d’un manque de légitimité et de l’absence de confiance de la part du citoyen, qui, dans une situation de vacance du pouvoir au sommet et avec la complicité d’un Parlement rejeté par le peuple le 4 mai dernier, se permet de disposer de la planche à billets de l’Etat algérien, sans limite, et sans contrôle, pour couvrir l’échec économique du pouvoir en place, continuer à entretenir ses clientèles et à acheter la paix civile pour garantir la traversée du chemin qui reste à parcourir avant l’échéance 2019.

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