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Quand les partisans du « Brexit » s’inspirent du Groenland

Au Groenland. Crédits : Damien Degeorges

Au Groenland. Crédits : Damien Degeorges

Le 1er février 1985, le Groenland quittait la Communauté économique européenne, ancêtre de l’Union européenne. Ce moment de l’Histoire européenne – le Groenland est à ce jour le seul territoire à avoir quitté le Marché commun – est peu connu du grand public, mais ne manque pas d’être rappelé par les partisants du Brexit. Un sujet qui revient d’ailleurs régulièrement dans les médias britanniques, notamment sur la BBC.

Union européenne vs. indépendance ?

A l’évidence, le Royaume-Uni n’est pas le Groenland. Cette grande île arctique – environ quatre fois la superficie de la France – était au moment du référendum d’adhésion du Danemark à la CEE en 1972 un territoire administrativement intégré au Danemark, autrement dit une sorte de département d’outre-mer danois. Le Groenland avait voté contre l’adhésion, mais l’ensemble Danemark-Groenland avait voté oui (les Iles Féroé, autre territoire danois, ont acquis en 1948 leur autonomie interne et ont choisi dès le début de ne pas rejoindre la CEE). De fait, le Groenland a rejoint malgré lui la CEE en 1973 et ce fut le début d’une marche vers l’indépendance, qui en est depuis 2009 au stade avancé d’autonomie renforcée au sein du Royaume de Danemark.

L’enjeu de la pêche, central pour l’économie groenlandaise, a conduit à un rejet de cette adhésion au sein de la population groenlandaise. Cet épisode aura marqué les relations entre le Groenland et le Danemark, puisque l’autonomie interne fut introduite au Groenland en 1979, à la suite notamment du travail réalisé par une commission dano-groenlandaise.

En 1979, le Groenland a élu son premier et unique représentant au Parlement européen, Finn Lynge, du parti Siumut, d’orientation social-démocrate et opposé à l’adhésion du Groenland à la CEE. Le taux de participation à cette élection a été de 33,5 % et le vainqueur a recueilli 55,3% des suffrages. Ce francophone a par le suite été représentant du Groenland à Bruxelles.

En 1981, les opposants groenlandais à la CEE se sont retrouvés au sein du mouvement ANISA (« Sortons-en »). Le 23 février 1982, le référendum en vue d’un maintien ou d’une sortie du Groenland de la CEE était organisé. Avec une participation record de 74,9%, les électeurs groenlandais ont décidé à 53% de quitter le Marché commun. Avant la sortie, un traité relatif au Groenland fut signé à Bruxelles le 13 mars 1984.

Depuis, le Groenland est un des pays et territoires d’outre-mer (PTOM) les plus stratégiques pour l’Union européenne. Le Groenland et l’UE ont même un accord de partenariat, l’actuel courant pour la période 2014-2020 avec notamment 30 millions d’euros annuels destinés au secteur éducatif groenlandais. Tout ne va donc pas si mal entre le Groenland et l’Union européenne, loin de là. D’ailleurs, Donald Tusk, le président du Conseil européen, se rend au Groenland avec le Premier ministre danois, Lars Løkke Rasmussen, les 17 et 18 mai prochains.

Si les différentes étapes de l’autonomisation du Groenland sont liées à l’adhésion du Danemark à la CEE puis à l’UE, le développement économique souhaité par le Groenland en vue d’une éventuelle indépendance, tout du moins économique, du territoire se trouve paradoxalement lié à l’Union européenne.

L’UE comme financeur d’une éventuelle indépendance économique du Groenland

Un territoire aussi vaste et géostratégique que le Groenland, peuplé par moins de 56 000 habitants, ayant tout pour attirer n’importe quelle puissance (d’abondantes ressources naturelles notamment), et dont l’élite, peu nombreuse, est loin d’avoir dans sa grande majorité les compétences requises pour la gestion d’un tel enjeu, ne peut laisser indifférent.

La Chine s’intéresse à ce territoire géographiquement nord-américain. A tel point que l’actuel Premier ministre chinois, Li Keqiang, alors vice-Premier ministre, avait reçu à Pekin en 2011 Ove Karl Berthelsen, à l’époque ministre groenlandais en charge notamment des ressources minérales. Quand des ministres de pays du G7/G8 peuvent faire la queue avant d’être reçu, le traitement réservé à ce ministre d’un territoire qui n’est même pas un Etat – ce qui en dit long dans le contexte chinois – a pour le moins impressionné plus d’un observateur. Bien que n’étant pas un Etat, le Groenland gère cependant depuis 2010 ses matières premières, tant que cela ne vient pas en conflit avec le domaine régalien de la défense, et c’est là tout le défi.

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Or, un seul investissement majeur au Groenland aura un impact sur l’économie du territoire. A tel point que quelques investissements d’envergure dans le secteur des ressources naturelles, si les financements devaient provenir de la même origine, permettraient un contrôle de facto de l’économie groenlandaise.

De par la dimension ultra-stratégique du Groenland pour les Etats-Unis, qui disposent d’un radar essentiel à leur sécurité sur la base de Thule au nord du territoire, il est évident que les enjeux de politique de sécurité pèsent et continueront à avoir une influence majeure dans le développement économique du Groenland.

D’où l’enjeu d’un développement économique durable dans lequel l’UE peut continuer à jouer un rôle de financeur et, de fait, de stabilisateur au sein de la région arctique.

Damien Degeorges




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