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“Substance”, trois regards sur la situation des artistes

L’exposition “Substance”, qu’abrite la galerie Seen Art (Alger), jusqu’à aujourd’hui, était l’occasion de réunir les artistes Mohamed Arezki Mezahem, Zaki Sellam et Merzouk Belahcene,  en mettant en exergue leur talents de sculpteurs, à travers des matériaux comme le bois, le métal et le marbre, et des techniques de modelage, d’assemblage, de taille directe ou encore de soudure.
Les œuvres présentées traduisent l’envie des artistes de transmettre “une vision singulière du monde qui revendique un point de vue rompant avec les schémas conventionnels ambiants”, à l’image de Merzouk Bellahcene, qui, avec une quinzaine de sculptures réalisées avec du métal de récupération, des pièces détachées et de la ferraille recyclée, explore la féminité, la situation des artistes, et, par ricochet, celle de l’art en Algérie. Buste médaillon 1, est la première œuvre que découvre le visiteur et avec ses formes féminines, subtilement travaillées avec des ronds de métal soudés puis moulés, la fresque ne laisse pas de marbre. Aérienne et architecturale, elle laisse toutefois place à l’imagination et l’interprétation de celui qui la contemple, par des interstices “contentieusement” laissés çà et là par l’artiste.
Élaborés entièrement avec des pièces mécaniques, les personnages musicien-bougeoir, dont une rotule de direction fait office de tête, ou celle du pêcheur, avec sa canne à pêche faite à partir d’une antenne-radio, véhiculent chacun  un message en rapport à la situation des artistes et des ouvriers : “Le musicien souffre énormément pour son œuvre. Il reste en studio des mois durant, mais se retrouve face au piratage et à de nombreux autres problèmes, ce qui le conduit à faire la manche”, a déclaré Merzouk Belahcene.
Pour sa part, Mohamed Arezki Mezahem, (Grand prix de la ville d’Alger en 1989), reproduit sa propre évolution artistique avec sept œuvres sculptées sur bois et inox, représentant chacune une étape de son parcours.  Le trio Couronne, Flamme et Arme, réalisé en 2017 sur du bois d’olivier et de frêne de Kabylie, a pour point commun l’aspect subulé, voire tranchant, qui représente le combat de  Mezahem contre la marginalisation sociale des artistes. À ce propos, la galeriste Randa Tchikou, rencontrée sur place, nous expliquera qu’il a été “forgé par la vie, qui était dure et ne lui a pas fait de cadeau. Il a dû combattre pour subsister en tant qu’artiste, notamment dans les régions rurales”. Et d’ajouter : “Mezahem arrive à s’exprimer librement depuis dix ans seulement, mais il a mis du temps pour en arriver là, et a dû se battre pour vivre et être reconnu en tant qu’artiste”.  
Zaki Sellam, ce réfugié syrien diplômé de l’École des beaux-arts et propriétaire d’une galerie à Damas, propose pour sa part, une collection de sculptures sur marbre algérien très intimiste, tant elle touche à son quotidien d’expatrié, qu’il exprime avec beaucoup d’émotion, notamment au travers des Exilés, un autoportrait de lui et de sa famille, dont les visages, sculptés avec une précision déconcertante, transmettent une tristesse et un accablement des plus troublants. Noun, une œuvre abstraite rompant avec le perfectionnisme et la gravité des autres fresques, exprime, pour sa part, le désir de l’artiste de se dégager d’un passé envahissant, pour laisser enfin place à l’apaisement, le calme… Trois sensibilités, trois parcours et trois vies sont ainsi retracés, où la créativité côtoie l’affliction et le deuil d’une époque révolue, avec comme seul message l’espoir, l’amour et la solidarité.

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Yasmine Azzouz

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