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Le diagnostic « mitigé » du FMI sur la stratégie économique de l’Algérie (Vidéo)

Le diagnostic « mitigé » du FMI sur la stratégie économique de l’Algérie (Vidéo)

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DIA-12 mars 2018: Le Chef de mission Algérie du FMI, Jean-François Dauphin a dressé un tableau mitigé et quelque peu diversifié sur la stratégie économique algérienne. Tout en partageant certaines décisions du gouvernement algérien, le représentant du FMI a critiqué certains choix économiques comme l’utilisation excessif de la planche à billet.   

M.Dauphin qui est le chef de la Division Maghreb du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI a indiqué que « son institution partageait le même diagnostic établi par les autorités algériennes (concernant l’économie nationale) et aussi ce double objectif d’ajustement et de transformation économique, avec la volonté de voir comment parvenir à cette transformation de la manière la plus douce possible ».

Il a admis que son institution partageait aussi la vision des pouvoirs publics algériens consistant à baser l’ajustement et la transformation de l’économie algérienne sur deux piliers. 

Selon lui, il existe également « beaucoup de points communs » entre les visions du FMI et ceux de l’Etat algérien sur la nature des contraintes liées à l’investissement et au développement du secteur privé, et donc les domaines nécessitant de la réforme.

Il a, dans ce sens, affirmé que le FMI soutenait les efforts des pouvoirs publics algériens pour la résorption de ces contraintes à travers l’amélioration de l’environnement des entreprises, notamment par la simplification des procédures administratives, l’amélioration des conditions de gouvernance, pour plus de transparence, ainsi que l’encouragement de l’administration numérique.

Le FMI soutient aussi l’Algérie dans sa démarche visant la modernisation du secteur bancaire, pour un meilleur accès aux finances, ainsi que le développement des marchés de capitaux et ceux obligataires, et aussi l’amélioration du marché du travail en favorisant l’adéquation formation-emploi.

M. Dauphin a également cité, dans ce contexte, les efforts de l’Etat algérien pour la promotion de l’emploi des femmes, affirmant qu’il s’agit là d’un « gisement de croissance » nécessaire à valoriser étant donné que « les femmes algériennes sont aujourd’hui très bien instruites dans la mesure où leur scolarité (dans les trois paliers) est équivalente à celle des hommes ».

Interrogé sur la volonté de l’Etat algérien de passer d’une politique de subvention généralisée à une subvention ciblée, il a indiqué que le FMI « recommande » et « soutient » les efforts consentis par les pouvoirs publics algériens, dans ce domaine, afin de pouvoir, progressivement, rééquilibrer la manière de soutenir les populations, et de retirer crescendo les subventions généralisées, notamment pour l’énergie, afin de les remplacer par d’autres formes de transferts destinés directement aux ménages nécessiteux.

« Ce qui est intéressant de garder à l’esprit, c’est que les subventions généralisées et en particulier les subventions à l’énergie, mises en place souvent dans un objectif social, sont au fait profondément injustes. Plus vous êtes riches plus vous bénéficiez des subventions. Les 20% des ménages les plus riches en Algérie consomment six (6) fois plus que les 20% des ménages les plus pauvres », a-t-relevé.

A une question sur les différentes palettes de financement du déficit public, il a répondu qu’effectivement le Partenariat public/privé (PPP), engagé par l’Algérie, constituait une « solution possible », expliquant que les PPP ne sont pas forcément des privatisations, mais ce sont aussi des contrats de gestion.

« Nous (FMI) ne préconisons pas une formule ou une autre. Ce que nous essayons de dire c’est qu’il y a beaucoup d’instruments de financement possible comme la cession d’actifs totale ou partielle, les PPP dans différents cadre possible y compris la délégation de gestion, ainsi que le recours au financement extérieur pour financer des projets bien choisis, dont le retour sur investissement sera bien évalué en amont », a-t-il soutenu.

Concernant le recours au financement monétaire, il a indiqué que le FMI était « réticent » et préconisait sa non utilisation, ajoutant que si cela devait se faire, il est important de limiter les quantités d’argents générées par ce mécanisme et aussi la durée de son utilisation.

Le FMI pour le maintien de la règle des « 51/49% »

Il est important, selon lui, que la Banque centrale puisse jouer son rôle de garant de la stabilité des prix et parvient à réabsorber une partie de la liquidité qui est injectée par le biais de ce type de financement monétaire.

S’agissant des mesures visant la suspension des importations, M. Dauphin a affirmé que si l’objectif cherché était de rééquilibrer les comptes extérieurs, « il existe d’un côté l’ajustement budgétaire, qui permet de limiter la demande intérieure et donc les importations, et d’un autre côté, les réformes structurelles, qui vont libérer le potentiel la croissance d’économie et le potentiel des exportations également ».

« Pour rééquilibrer les comptes extérieurs, il faut penser, à la fois, à réduire les importations et à encourager les exportations pour l’émergence d’un secteur exportateur diversifié », a-t-il précisé.

Pour lui, dans cette équation, le taux de change a également un rôle à jouer, précisant qu’une dépréciation progressive et mesurée du dinar algérien, au fur et à mesure qu’avancent la réforme structurelle et la consolidation budgétaire, aiderait à s’assurer que les produits importés font une concurrence loyale à la production domestique sur le marché intérieur et que les produits exportés abordent la concurrence extérieure dans des conditions justes.

« L’expérience internationale montre que les mesures administratives de restriction de l’importation sont souvent inefficaces et sources de distorsion dans l’économie et de tensions inflationnistes et enfin sont, très souvent, contournées d’une manière ou d’une autre », a-t-il mis en garde.

Interrogé sur la règle régissant les investissements étrangers dites « 51/49% », mise en place depuis 2009, M. Dauphin a recommandé de « pas abolir cette règle mais de l’assouplir ».

A une question sur les méthodes utilisées pour la rédaction des communiqués du FMI, il a expliqué qu’il s’agit d’établir une analyse sur la base de l’ensemble des données reçues par la mission, qui sera discutée par la suite avec les pouvoirs publics en charge de la gestion de l’économie du pays (le ministère des Finances, la Banque centrale…).

Cela permet, a-t-il dit, de s’assurer que les membres de la délégation ont bien compris la situation telle qu’elle est, ainsi que les politiques menées par les autorités du pays.

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